Animée par l’AFPA, à Laxou, son objectif premier est de susciter les vocations dans ces métiers de l’accompagnement des personnes âgées et en situation de handicap, à domicile ou en structure. Hanane Machkour, Responsable adjointe du Service Territorial Insertion du Grand Nancy, souligne :
« Elle est ouverte à tous les habitants de la métropole et en priorité aux allocataires du RSA. Elle ouvre d’ailleurs, dans certains cas, à d’autres outils et dispositifs qui simplifient la reprise d’activité des personnes en insertion : prise en charges des repas et des déplacements ou des frais liés à la mobilité, accompagnement à la présentation de soi, cours de langue, aide à la garde d’enfants, etc. Le but, c’est aussi de lever les freins. »
C’est un parcours d’accompagnement progressif durant lequel on peut tester pour comprendre ce qu’impliquent ces métiers au quotidien, échanger avec des professionnels et des employeurs. Frédérique Tabuteau, responsable de l'accompagnement des parcours à l'AFPA, précise :
La première étape c’est « Oser ». On toque à la porte, on franchit le pas. Sur trois jours, on découvre les métiers en visitant des structures ou en se mettant dans la peau de quelqu’un en perte d’autonomie. Qu’ils soient orientés par France travail, le Département ou la Mission Locale, le principe c’est le volontariat, c’est flexible, pas de feuille d’émargement.
Deuxième étape, les volontaires « Essayent », ils sont mis en situation dans des structures, apprennent les bases des métiers sur un plateau technique. Nadine Kowal, conseillère transition à l’AFPA et ancienne assistante de vie qui aime transmettre son expérience, avance :
On va plus loin dans les premiers gestes et les postures. Comment se comporter mais aussi comment se positionner, car déplacer une personne ne s’improvise pas. Je vais essayer de les amener au plus proche de ce qui les attend. Ça permet aussi de casser les préjugés sur ces métiers.
La dernière étape du cursus : l’accès un emploi ou une formation. Marie-José témoigne :
Je savais que je voulais travailler dans ce secteur mais j’avais encore des doutes. Vocasoins m’a vraiment éclairé. Tout ce que j’ai appris m’a aussi donné une longueur d’avance pour la suite. Aujourd’hui, je suis assistante de vie aux familles avec un titre professionnel. Je me sens utile. On est parfois le seul contact de la journée pour les personnes qu’on accompagne. On leur apporte un peu de lumière.
Édith, Fatoumata et Fatoumata ont été dirigées vers Vocasoins par France Travail et la Mission Locale. Elles veulent toutes les trois devenir aides-soignantes.
C'est un métier qui donne du sens. Je veux aussi apporter mon aide aux personnes dépendantes dans la vie quotidienne.
Pour d’autres, il s’agit parfois d’une continuité dans un parcours déjà commencé :
Dans mon pays d’origine, j'avais entamé une licence pour devenir infirmière, puis je suis arrivée en France. J’ai travaillé en tant qu'auxiliaire de vie pendant trois ans. Demain je serai, j’espère, aide-soignante, mais je garde mon rêve d’être infirmière.
Si ces métiers sont souvent associés aux femmes, la plateforme attire tout de même 15 % d’hommes. Vincent a 51 ans, il est en reconversion professionnelle et avait du mal à trouver une nouvelle vocation. Il explique :
Du fait de mon âge, on m’a fermé beaucoup de portes.
C’est grâce à une personne âgée dans l’entourage de sa famille, à qui il rend régulièrement de petits services, qu’il décide de s’orienter vers les métiers de l'aide à la personne. Conscient des difficultés et des responsabilités liées à ces métiers, il reste confiant :
J'ai toujours travaillé en totale autonomie dans les métiers que j'ai pu exercer jusqu'à présent. Je suis ancien conducteur routier dans le transport d'engins. J'ai déjà surmonté tellement de choses dans mon passé professionnel que je pense avoir les armes, la force et la conviction nécessaires.
Même les aspects manipulation et matériel ne lui font pas peur :
Les verticalisateurs, pour lever des personnes, ressemblent aux engins de manutention que je manipulais avec un vérin hydraulique. Évidemment, ce n’est pas la même chose, mais on a une très bonne formatrice, Nadine Kowal, qui est une personne très communicante. C’est très enrichissant.
Mohammad et Lahcen ont aussi tenté l’aventure. Le premier est réfugié érythréen :
Je prends des cours de français pour m’améliorer, Vocasoins me permets de découvrir les métiers dans le domaine de santé en parallèle. J’aimerais devenir aide-soignant.
Lahcen, lui, était carrossier. Il a subi un licenciement économique et veut maintenant changer de voie :
J’ai croisé Mme Kowal lors d’un forum à l’AFPA. C’est elle qui m’a convaincu de participer à Vocasoins.
Il veut devenir conducteur accompagnateur pour les personnes en situation de handicap, pour accompagner les enfants dans leur structure, les personnes âgées à leurs rendez-vous médicaux et du quotidien. Le handicap de sa fille n’est pas pour rien dans cette nouvelle vocation. Motivé, il a effectué un stage en immersion début janvier.
91
personnes ont "osé"
15%
d'hommes inscrits
25
participants ont retrouvé un emploi
ou accédé à une formation qualifiante